Bruno Roger-Petit, Authentiquement français, Éditions Héloïse d'Ormesson, Paris, 2011.

Publié le par ANTIGONE37

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Roman.

 

J’adore recevoir des livres dans ma boîte aux lettres, surtout quand ils sont bons. Je remercie les Éditions Héloïse d’Ormesson et le site Blog-o-book pour m’avoir offert ce livre (difficile à ranger dans une catégorie bien précise, je dois l’avouer, même si le terme « roman » est sans doute le plus approprié). Un merci très sincère également à l’auteur pour m’avoir signé mon exemplaire.

 

Alors, pourquoi difficile à ranger ? Je m’explique. Ce livre est à la croisée des chemins : à la fois roman, journal intime fictif et essai politique. 

  

 

Philippe est un ami d’enfance de François Mitterrand. Il le connaît bien, le suit, l’admire, le conseille, lui souffle quelques idées… Il devient le confident privilégié de cet homme, de ce « sphinx ». Il retrace dans ce journal-fiction les coulisses de l’élection présidentielle de 1981, entre luttes au sein de parti socialiste, alliances contre-nature et tensions politiques dans ce moment si décisif pour la France. Tout y passe : les moments de doute (peu nombreux pour François Mitterrand, beaucoup plus pour son entourage), les petites victoires, les grandes victoires, les joies et les peines.

 

Bruno Roger-Petit, journaliste politique depuis 1988, a donc décidé d’imaginer l’ami fictif de François Mitterrand pour écrire pour la première fois un roman sur le président de la République de 1981 à 1995. C’est d’ailleurs la fiction qui permet à l’auteur de combler les manques de la réalité politique.

 

J’ai beaucoup aimé ce roman qui nous plonge dans un monde complètement inconnu au commun des mortels pendant près d’un an et demi (de juillet 1980 à novembre 1981) : les coulisses des élections présidentielles. C’est un véritable bonheur de suivre le parcours de ces deux amis, qui se sont rencontrés sur les  bancs de l’école et qui ont su préserver leur amitié malgré la vie publique et politique de l’un d’entre eux.

 

J’ai trouvé passionnant de découvrir des personnes politiques qui font aujourd’hui parties de notre paysage français et qui commençaient leur carrière dans les années 1980, cachées derrière leur mentor, aujourd’hui décédés ou retirés de la vie politique.

 

Le narrateur s’interroge souvent sur sa vie, l’engagement politique de son ami et sur cette société qui change à grande vitesse. Ces doutes sont d’autant plus légitimes qu’il est aujourd’hui encore possible de se poser ces mêmes questions puisque ce roman est très actuel et qu’il fait écho à des évènements de notre vie politique actuelle.

 

La télé joue alors un rôle essentiel dans cette campagne électorale basée sur des stratégies de communication élaborées par les publicitaires (on se souvient bien évidemment du célèbre slogan de Mitterrand : « La force tranquille »). Les débats politiques sont incarnés, se déroulent sous nos yeux.

 

C’est tout le combat d’un homme qui est décrit avec beaucoup de sensibilité. Je recommande ce livre à tous ceux qui s’intéressent à la politique, pour la voir autrement et aux autres, pour la découvrir.

 

Un petit extrait : « Ce soir François était invité au journal d’Antenne 2 pour présenter son livre Ici et maintenant. Poivre d’Arvor l’a attaqué sur tous les fronts, notamment sur le poids du parti communiste et du frein qu’il représente à une victoire éventuelle de la gauche en France. Poivre d’Arvor, dont on me dit sans cesse qu’il fut le responsable des Jeunes Giscardiens, affecte d’être courtois, à l’instar d’Alain Duhamel, mais uniquement pour mieux dissimuler le venin qui se cache dans chacune de ses questions. » (page 122)

 

 

(Pour terminer, le petit truc en plus, pas du tout objectif qui me fait aimer ce roman : l’auteur commence son livre par une citation de Marc Bloch, historien que j’admire au plus haut point… Comme quoi les premières impressions sont souvent les bonnes !)

 

A lire par un dimanche maussade.

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