Elisabeth Badinter, Le conflit, la femme et la mère, Flammarion, Paris, 2010.

Publié le par ANTIGONE37

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Essai.

Cet essai est le dernier publié par Elisabeth Badinter (L'un est l'autre, XY De l'identité masculine, Fausse route,...). Trente ans après L'amour en plus, cet essai jète un pavé dans la mare. Le postulat de départ est simple : comment concilier aujourd'hui le statut de mère et celui de femme ?

L'instinct maternel n'existe pas. Le retour au "naturalisme" pousse des mères à tout sacrifier pour leur enfant, "son lait, son temps et son énergie". La maternité se substitue à sa liberté, à son indépendance et à l'égalité des sexes, qui semble aujourd'hui encore, parfois précaire.

Toutes les femmes ne veulent pas être mère. Même les femmes qui le veulent pèsent aujourd'hui le pour et le contre.

Dans un pays si moderne, il est parfois difficile d'envisager une naissance. La société dans laquelle nous vivons entretient une culpabilité auprès de ces femmes, celles qui ne veulent pas d'enfant, celles qui n'allaitent pas,... bref celle qui n'est pas parfaite.

Après avoir dressé un état des lieux, Elisabeth Badinter décortique le mouvement naturaliste et expose les différentes aspirations féminines notamment en France.

Tout comme les autres essais de cette auteure (je suis en train de terminer la lecture de XY De l'identité masculine), ce livre m'a beaucoup intéressé (mon sujet de mémoire de master porte sur l'alimentation des nourrissons et donc sur leur mode d'allaitement). Les thèses sont toujours exprimées simplement et précisément.

Profondément inspirée, cette auteure est toujours un plaisir à lire. Dans cette révolution silencieuse, le débat sur la mère parfaite reste ouvert.

Un petit extrait, p. 68-69.
"Alors que l'on pensait en avoir fini avec le vieux concept d'instinct maternel, d'aucuns revinrent à la charge sous convert d'études scientifiques. Les années soixante-dix virent se placer la pédiatrie américaine à l'avant-garde de mouvement qui continue aujourd'hui de faire des adeptes en Europe. Ils s'appuyèrent principalement sur l'éthologie (science des comportements des espèces animales) pour rappeler aux femmes qu'elles étaient des mammifères commme les autres, dotées des mêmes hormones du maternage : l'ocytocine et la prolactine. En conséquence, sauf aberrations culturelles, elles doivent nouer avec leur bébé un lien automatique et immédiat par l'action d'un processus neuro-biologico-chimique. Si tel n'est pas le cas, il faut s'en rendre à l'environnement ou s'inquiéter de déviations psychopathologiques."

A lire sérieusement.


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Véro 01/03/2010 21:43


Un sujet très intéressant : je note la référence.


ANTIGONE37 03/03/2010 13:49


Un véritable plaisir à lire !