Mahasweta Devi, La mère du 1084, Babel, Actes Sud, 2001.

Publié le par ANTIGONE37

9782742788422

Roman.

 

Je suis un peu en retard pour le challenge organisé par Hilde et Soukee. L'année 2010 est terminée, 2011 vient de pointer le bout de son nez et voilà enfin mon billet sur ce roman qui m'attendait depuis début juillet.

 

Il faut dire que ce livre est loin d'être simple à lire. Après deux tentatives infructueuses, je me suis accrochée et j'ai réussi à le terminer. Et heureusement, parce que ce roman est une petite merveille.

 

97827427884221Brati est mort au début des années 1970 lors d'une répression sanglante au Bengladesh. Sa mère, Sujata, tente de comprendre les raisons qui ont poussé son fils à s'engager dans cette lutte et à se détacher de ses origines bourgeoises. Autour de cette mère éplorée gravite toute une famille hypocrite. Loin de ces voix dissonantes, Sujata tente de faire son deuil, seule.

 

L'écriture dans ce livre tient une place essentiel ; elle se substitue presque à l'action. Chaque mot, chaque expression trouve sa place. Comme un mécanisme très savant où le moindre rouage grippé ferait échouer l'entreprise. C'est d'ailleurs la difficulté de ce livre. Nous entrons dans cette famille comme si elle était la nôtre. Les noms des personnages tombent les uns après les autres. A nous de refaire l'arbre généalogique (j'ai pris un petit carnet à côté de moi !). On s'attache à cette mère qui chercher désespérément le moindre indice même précaire qui puisse la raccrocher à l'existence du souvenir de son fils. Elle part à la recherche de sa fiancée, de ses anciens compagnons de lutte.

 

97827427884222Le roman suit le fil d'une journée, celle d'un mariage. La journée où doit se rassembler la famille pour célébrer cet évènement heureux est surtout synonyme de règlement de comptes et de révélations.

 

Les mots de cette mère en disent long sur les conditions de vie des femmes, même si celles-ci appartiennent à la bourgeoisie bengalie.

 

Ce roman est à la fois un appel à la liberté et à la vie et une longue plainte de la perte de l'être tant aimé.

 

Une lecture difficile qui semble pourtant plus qu'indispensable au fur et à mesure que j'ai tourné les pages.

 

Comme quoi la persévérance nous fait découvrir des merveilles. 

 

S'il n'y avait qu'un seul livre à lire.

 

Lu dans le cadre du challenge "Bienvenue en Inde" et "Le tour du monde".

 

 


 

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Avalon 05/01/2011 21:38



Il faudrait vraiment que vous me disiez comment vous faîtes pour ne pas être écoeurés du kouign amann dès la première bouchée. Je suis toujours en admiration devant mon père qui se régale devant
une part immense.


En tout cas, je peux que te conseiller cet essai.



ANTIGONE37 06/01/2011 15:19



Ah ! Ma mère m'en a mis dans mon biberon ! C'est génétique ! ^^