Sandor Marai, Le premier amour, Albin Michel, Paris, 2008.

Publié le par ANTIGONE37

le premier amour
Roman.

Je viens juste de découvrir Sandor Marai, un des plus grands écrivain hongrois du 20ème siècle.

Il est né en 1900 et est mort en 1989.

Très tôt attiré par l'écriture, il publie son premier recueil à l'âge de 18 ans. Il étudie le journalisme et la philosophie en Allemagne. Il s'installe ensuite à Paris avec son épouse en tant que correspondant pour le quotidien allemand Frankfurter Zeitung. Fervent opposant à la Hongrie nazie puis au communisme, il s'exile, à la suite de la Seconde Guerre mondiale, aux Etats-Unis, où il passe la majorité de son temps. Ses livres sont interdits et ne sont réédités en Hongrie qu'après la chute du régime.

Longtemps oublié, il est peu à peu découvert, grâce notamment aux éditions Albin Michel. Il jouit aujourd'hui d'une réputation semblable à celle de Stephen Zweig ou Kafka.

Ce livre est le premier roman de cet auteur et c'est un véritable chef d'oeuvre. J'ai été bouleversée par cette histoire.

Un homme de 54 ans, respectable professeur de latin, dans une petite bourgade hongroise, se confie dans un cahier, commencé un peu par hasard à l'occasion d'un voyage dans une station thermale à la montagne. Cet homme seul, mène une vie triste et monotone, dénuée de joie et de surprise. Ce journal devient rapidement le faire-valoir du personnage. Il y inscrit tout jusqu'à la crise violente qui va le secouer.

Au fur et à mesure de l'écriture, des souvenirs d'enfance remontent à la surface, lui font mal et finissent par craqueler l'épaisse carapace qu'il s'était construit.

Un premier amour violent et tradif finit par le ravager et le faire entrer dans une spirale psychotique.

L'écriture de ce roman est magistrale. Sandor Marai se lance dans une description minucieuse des habitudes de ce vieux garçon à la vie très réglée, coincée entre ses élèves, sa gouvernante et son canari.

L'écriture très épurée permet aux sentiments de ce professeur de se coucher sur le papier. Plus le personnage entre dans la psychose et plus les lettres sont brèves et incisives. Le personnage déjà très solitaire, entre peu à peu dans une sorte de mysticisme (ces quelques passages m'ont fait penser au roman de Roger Martin du Gard, Jean Barois)

La fin est réellement sublime, point d'apothéose de la solitude et de ses ravages.

"Aujourd'hui, dimanche, j'ai relu ce carnet. J'éprouve à présent le besoin d'y ajouter quelques remarques avant de le refermer définitivement et de le dissimuler quelque part. Peut être le brûlerai-je ; je ne suis pas sûr. Mais en tout cas, je le cacherai."

"Dans ce journal, cela n'aurait aucun sens que je me présente à moi-même autrement que je ne suis en réalité."

S'il n'y avait qu'un seul livre à lire.

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praline 17/03/2010 09:45


Tiens, je viens de finir ce livre. Et le Livre de Manuel :)


ANTIGONE37 17/03/2010 20:49


et alors, verdict ???


Grimmy 09/03/2010 22:32


Noté également, ton billet donne envie de le découvrir.


ANTIGONE37 10/03/2010 14:08


Très contente de te donner envie de lire ce véritable coup de coeur !


Pauline 09/03/2010 09:16


Vu comme ça c'est très séduisant! :D


ANTIGONE37 09/03/2010 09:32


Je crois que je vais me précipiter pour lire d'autres romans de cet auteur (enfin quand ma PAL sera plus petite ! pffff!)


Anneso 09/03/2010 09:05


je le note donc !


ANTIGONE37 09/03/2010 09:31


Plutôt deux fois qu'une !!!