Olivier Adam, Poids léger, Points, Seuil, 2004.
Roman.
Après avoir lu et adoré Je vais bien ne t'en fais pas, Passer l'hiver ou Falaises, j'ai passé une excellente soirée à lire ce roman. On retrouve la même ambiance, les mêmes personnages en quête d'eux-mêmes.
Antoine enterre des inconnus le jour. La nuit, il s'entraîne sur un ring de boxe. Son petit bout de vie ne tient plus à grand chose.
Son travail, ses souvenirs d'enfance très douloureux, le départ de son entraîneur pour le sud de la France, font qu'Antoine encaisse mal et sombre jour après jour.
C'est le début du cercle vicieux : alcool, tabac à outrance, filles, bagarres, ...
La boxe, qui était un exutoire, se transforme en cauchemar, à l'image de sa vie.
Malgré les multiples avertissements de sa famille et de ses proches, il risque de tout perdre : son travail, son amour, sa considération.
Ce court roman explore le chemin tortueux du désespoir et de la solitude. Antoine fonce et s'enfonce tête baissée, sans regarder les mains tendues qui se trouvent sur le bord du chemin. Les moments de la vie d'Antoine se juxtaposent sans forcement chercher de logique entre eux, comme des instantanés photographiques.
L'écriture est vive, acérée, tranchante. Aucun mot n'est de trop, tout sonne juste. C'est vraiment un auteur que j'aime énormément. Il réussit à animer en nous de multiples sentiments : la pitié, la colère mais aussi l'envie et la passion.
"Ce matin, j'ai couru comme presque chaque matin. A mon réveil, des gens se massaient sous l'abri, je les ai regardés, ils se pressaient sous le toit prune et les RER grinçaient plus qu'à l'accoutumée je crois."
A noter l'adaptation cinématographique, sous la direction de Jean-Pierre Améris avec Bernard Campan, Nicolas Duvauchelle et Maï Anh Le.
A lire en dégustant une tasse de thé.
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