Essai.
Cet ouvrage a été lu dans le cadre de l'opération Masse Critique, organisé par Babelio.
Je remercie les PUF pour l'envoi de ce très bon essai.
Où va l'Amérique d'Obama ? : question sensible dans un monde fragile en perpétuelles mutations. Hervé de Carmoy et Alexandre Adler (pour l'introduction) tentent d'apporter un éclairage sur cette puissance, qui telle que l'URSS à l'époque de la Perestroïka de Gorbatchev, doit nécessairement s'engager dans une mutation profonde si elle veut continuer à jouer un rôle de premier plan face à la montée en puissance de l'Inde, de la Chine ou du Brésil. Il ne s'agit pas d'un état des lieux mais plutôt d'un diagnostique.
Hervé de Carmoy commence son étude selon une approche démographique. Du melting pot au melting top (intégrer les populations immigrées par le haut), les États-Unis doivent répondre à différentes problématiques : promouvoir le rêve américain tout en assurant une intégration optimale et nécessaire de ces populations aux parcours et aux origines différents, venues chez l'Oncle Sam.
La plus grande partie de cet essai est consacrée au secteur financier. Même si le PIB, le dollar et l'économie américaine dominent le monde, la dette écrasante et la crise des subprimes participent à l'affaiblissement moral du pays. L'auteur met en avant la hausse des inégalités et la société américaine à deux vitesses qui se dessine. Hervé de Carmoy prend l'exemple très spectaculaire de la faillite d'États :
"Quatorze États et de nombreuses municipalités sont au bord de la faillite. La ville de Detroit envisage de fermer la moitié
de ses écoles et d'augmenter à 60 les effectifs de ses classes. Le New Jersey, qui a le taux de criminalité le plus élevé des États-Unis, a réduit de 50% l'effectif de ses forces de police.
Enfin, États et municipalités ont émis des milliers de milliards de dollars d'obligations dont une fraction peut devenir des actifs toxiques, avec des conséquences importantes sur les retraites
des classes moyennes et sur celles des employés et des ouvriers."
L'auteur va jusqu'à comparer les banquiers, dont l'éthique s'effondre, à des conquérants du Far West sur un "territoire riche en opportunités", avec "des cow-boys et peu de shérifs". En trente pages, Hervé de Carmoy revient sur soixante ans de système financier américain : du modèle anglais à la dérèglementation totale.
L'essayiste s'intéresse ensuite à la capacité d'innovation et dresse un portrait sans concesssion du système éducatif américain. L'enseignement secondaire est particulièrement montré du doigt. C'est le véritable parent pauvre d'un système qui préfère faire venir des cerveaux (notamment d'Asie) plutôt que de former sa propre matière grise. La concurrence asiatique se ressent également au niveau des universités, qui sont mieux connectées à des clusters (agrégats scientifiques) et des multinationales "porteuses d'avenir".
Puissance militaire omniprésente sur tous les continents, les États-Unis le sont incontestablement. L'armée est "le point névralgique de l'État, de la promotion sociale et de l'intégration des minorités". Fondement de la société, l'armée doit aujourd'hui répondre à de nouvelles exigences tout en s'exposant aux critiques d'une partie de la population, notamment après la guerre en Irak et en Afghanistan.
Nourri de nombreux exemples (aussi bien historiques, sociétales, économiques, ...), simple sans être simpliste, cet essai est, pour moi, une réussite. Il répond aux principales questions qui apparaissent aujourd'hui en n'oubliant pas (et c'est pour moi un atout considérable) que les États Unis sont aujourd'hui (tout comme la France et l'Europe d'ailleurs) au coeur d'un système-monde.
À lire sérieusement.
Voici un ouvrage très pédagogique qui a pour ambition de combler certaines de nos lacunes. En 350 pages, Dimitri Casali nous propose de nous replonger dans l'histoire de France :
grandes dates, personnages marquants, découvertes capitales, guerres et batailles ... L'auteur passe en revue les évènements et les acteurs (notions largement oubliées aujourd'hui) qui fondent la
France mais qui ont été oubliés dans les nouveaux programmes de l'Éducation Nationale (pour information, cette année, ce sont les programmes de 4ème qui viennent d'entrer en
vigueur).
Le livre est agréable à lire. Les chapitres clairs, exposent chaque période en privilégiant un éclairage centré sur l'acteur, celui qui "a fait" l'évènement
historique.
Je regrette cependant une chose : le choix des illustrations. Je trouve dommage que, par exemple, pour illustrer le chapitre sur Clovis, une peinture du XIXème siècle
ait été choisie. Le choix du document est essentiel en histoire ; c'est lui qui est à la base du travail et de la légitimité de l'historien. Sans source, sans document, aucune histoire n'est
possible. Pourquoi ne pas avoir choisi une source d'époque, surtout quand elle existe ? (contrainte éditoriale ou choix délibéré de l'auteur ?)
Ce merveilleux CD reprend les lettres passionnées que se sont échangées les deux amants durant leur liaison. Alfred de Musset et
George Sand : deux enfants du XIXème siècle, esprits géniaux et épris de liberté.
Mais ce que Sainte-Rose a fait, il doit le défaire, lui qui ne supporte pas les histoires d'amour. Il offre alors à l'écrivain une idée géniale
pour son roman : sa propre histoire d'amour. L'écrivain et la courtière se retrouvent alors au coeur d'un roman où ils jouent leur propre rôle, entre manipulation, mensonges et désastre.
Le cadavre d'un homme égorgé dérive au gré de la houle. Sur le corps, des tatouages nazis. L'inspecteur Thobie mène l'enquête à sa façon au large de
l'îlot mystérieux de la Korrigane où habite un énigmatique légionnaire, ancien de la coloniale, aux agissements suspects.
J'avais déjà beaucoup aimé cette auteure dans
On retrouve tout le style de l'écrivain : cinglant, incisif, précis. Truman Capote brouille les codes du roman, de la nouvelle. Il laisse son lecteur
vagabonder avec lui, entouré de ces personnes qui ont croisé, un jour, la route de l'écrivain, telles sa femme de ménage qu'il suit dans son travail ou le mystérieux M. Jones, infirme, qui tient
salon dans sa chambre de pension tous les après-midi.
Un terrain vague perdu entre ciel et terre, entre une décharge publique et la mer infinie. Sur ce petit territoire règne
une bande de laissés-pour-compte, d'amochés par la vie. Le Pacha gouverne en maître, entouré de Mama la Fantomatique, Ach le borgne ou encore Junior le simplet. Chacun mène sa vie, dans cet
univers sale mais où règne la liberté ; chose la plus précieuse aux yeux d'Ach. Face à la mer, dos à la vie, ce sont des Horr, "des hommes libres", "des clodos qui se respectent'.
Ce récit est touchant à plus d'un titre. La relation qui unit les personnages est très forte. Même si des clans se
forment, la solidarité est latente. Les personnages sont également attendrissants. À la fois forts, pour vivre dans ces conditions et totalement vulnérables, trop cassés par cette vie.



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